dimanche 3 février 2013

Poèmes 2012 : Mots nôtres


 Du 23 Avril au 3 Mai 2012
                                                                                    Pour Claire T.

Mots nôtres

Mondée dès les prémices
Notre voix nonpareille
En un instant qui persistait
Dans le temps qui s'amplifie d'une fragilité

Ah ! Les occurrences métaphoriques contées
La naissance d'un nid qui déambule

Davantage concentrés par l'ambiance phrasée
Davantage touchés car restés sensibles
Chantant de puissantes montées et chutes
Lorsque je suis au creux de ta garde

Une poésie absolue - un indéfinissable tissé
Que le paysage du monde en est transfiguré
Visages tissés l'un contre l'autre
Être Soleil face au monde

Mondé déjà et aller m'achever au fond de tes yeux
Monde que l'on traverse d'une fébrilité faite d'eau brûlante
L'appréhension devant le risque de son tarissement
Vêtons-nous de nos serments
Consacrons-nous pantonimes
Sans obérer le ciel parsemé d'étoiles
Un coronis d'avènement
Car l'Amour flue mélifluent   

Poème 2011 : Est-ce ?


Du 9 au 21 Septembre 2011

Est-ce ?

Les cils déserts d'amour,
Les genoux séparés cornés par la pierre,
Ou les lèvres gercées au sang :
Un dégradé pourpre - le sang dégradé.

Une longue vérité sur le corps,
Receleur de l'histoire :
De la perversion à la violence,
Du désir brisé à la douleur permanente.
Un aiguillon de soin.

Doigts, ongles, narines, cheveux,
Écartés.
Laissez couler l'esprit,
Comme le sang, forgeron !

L'amour contrarié sans monde à bâtir :
L'illusion devient rêve
D'une couleur, juste teinte pour l'avenir.

Petits rouages sans recul,
Autour de la grande salle vide
D'une enfance trahie :
La solitude a gagné sur la mémoire
D'un monde intime inondé de colère.






Only one dark anger remains
In a dawn of tears.
The lunatic screams of my lungs
Bears with my devils.

It delivers green and blue around the darkest secrets,
Loneliness secrets :
Cool breeze of blue suns,
Brothers of my into-skies
And dreamers of better insights.

No gray storm above the black sound,
No wind to wreak the faceless angel sent
To the only calm.

Dangerous little rocks giving birth to my crown,
My crow :
Bright or black as a kingly matter can be,
Rare and well known as the elephant memory.

Flame shortcut of the leaf papers,
Crimp sweet for handsome hands :
A sandy light, foul, is everywhere i am.


Poème 2011 : Figures de l'Amour


Le 9 Septembre 2011

Figures de l'Amour


Une traque organisée de soi-même
Berce mon regard dans l'écho de mon cœur :
Monde différent et silencieux,
Lieu de soupirs et de profondeurs.

Figure du faux-roi : majesté.

Une parole qui n'est pas parlé,
Qui ne le pourrait.
Des mots forment des bulles,
Loin de toute anecdote.

Figure des deux soleils bleus : lumière de nos mondes.

Tendre chuchotement,
Dont le souffle fait l'effet de mille bougies,
Réchauffe l'intérieur de mon esprit :
Une chaleur étrangère à la teinte sombre.

Figure du corbeau : sable noir.

Parfum et cheveux
Existent pour tapisser le monde.
Une nouvelle dimension des corps :
Le tien, celui qu'il faut que je protège. 

Poème 2010 : Fondements


9 Septembre 2010 au 18 Novembre 2011

Fondements

La pâleur du sable noir embaume mes articulations,
De mes doigts cendrés jusqu'à mon cou torve.
Par torsions des corps, comme une toupille dans le champ des hommes,
Des sillons telluriques à serrer contre soi.
Sans terres anciennes, vivre les affres de la nuit,
Plongé dans le tertre de sable noir :
Ce crâne si opaque que mon cœur se rompt
Sous le regard d'éventuelles créatures du ciel.
L'ampleur à venir est si tortueuse.

Cet enfant a broyé tant de sable noir de ses ongles transpirants.
L'effigie d'être ici ou là
À l'état de gomme torsadée.
Les sourires incompris des éléments qui dansent infiniment
Frappent la matière en grains noirs.
Vu du ciel, la plaine nappée contre-mer,
Ses véritables rivages plongent dans l'horizon indescriptible.

La silhouette d'une bête qui apparaît demeure invisible aux anges
Atteints de cécité animale.
Ce degré de lumière propre aux étoiles les séparent,
Aimantés et indifférents.
Alors intimons leur le silence
D'une constellation sur mon visage,
Grains de toucher, à soi certainement :
Nostalgie, respiration, enfin nouvelle constellation.
Mes yeux en fenêtres mi-closes ramassent la délicate poussière du voyage.
Il n'y a pas meilleur vue qu'à travers larmes, neige froide et sueur.
La scène du monde peut bien s'immoler de sensible, trop pleine de choses,
L’œil touche
D'un amour pour les formes qui se prolongent en amas verticale sans pesanteur.

La trame fissurée du regard physique,
Figure d'un monde de désirs intestins.
Les faux parcours joyeusement dépliés à l'orée des leurres,
D'humain à humains
Qui se réfugient aux nues, monde de détails indiscernables :
Ces mouvements qui tonnent du ciel à la terre,
La plus belle des violences poétiques.
Aussi, reposant dans quelques pierres,
Les secrets de mon amie, ses doutes,
Sont des apparences du monde,
En vide, qui contrastent : eau et rage.

Poème 2010 : Il n'y a rien sans leurre


Du 6 Octobre 2010 au 18 Novembre 2011

Il n'y a rien sans leurre

Rencontrer dans la chair d'un secret un leurre qui s'efface.
Être un leurre moi aussi, éphémère,
Comme la plaine enceinte,
Le ciel infini pour l'enfant,
Vers un monde adulte.

Le temps d'assouplir son cou,
L'écriture charbon grince :
Sans murs, l'infini ouvert perd nos regards.
« Tu es là où ton regard te porte », m'a dit mon frère Nicolas.
L'intervention du vivant dans ce désert, impossible,
L'assise de l'infini désertifie les têtes.

Inutile corde dont la solidité est hallucinée,
La force des liens existe pour séparer deux êtres.
Repoussoir infini,
Chacun déboutés par l'absurdité de l'accompagnement,
Une fausseté qui charrie ombres et lumières.

Être une créature nocturne ou faux écrivain,
Soi-même, qu'un simple secret poétique :
Débris de lois franchissant tout ouragan.
Merci honte,
Que la loi reste.

L'histoire taillée dans le temps et l'ouvrage d'autrui
S'écroule sans s'effacer dans l'eau claire.
Rien n'est ramené aux hôtes.
Accueillir, sec et disharmonieux, l'écriture de l'âtre :
Plutôt se déposséder que s'aliéner.

Les fibres du bois refuseront de s'entrelacer.
Ton regard est nécessaire
Car elles fuient dans la terre.
Que fais-tu ? Vas montrer la voie aux autres animaux.
« Plus un seul, quel onguent ? »
Sens l’aluminium qui repousse la chaleur du Soleil sur ton crâne refroidi,
Maintenant puise dans la terre, mon amour, pour terrasser l'arbre.
Agite le vent dans son éternel.


Poème 2010 : Pénombre


17 Aout 2010 au 16 Juillet 2011

Pénombre

Brindille de moi,
Ce sable noir qui enfle comme un corbeau :
Une timidité d'homme dans la pénombre.
Et cet ange continent, avec moi,
N'est qu'yeux sur mon monde.

Le sol respire à même l'eau.
Les sillons semblent déjà tracés par mes ongles
Du passé : une ode sans clef.

Quel soupir faut-il ? Et quel rempart ?
Le grelottement d'hivers questionne
La souplesse de mon index,
La charpente de mon foie peut-être nubile.
Ces beaux fruits d'entrailles exposés, encore verts,
(Malheur !) à la lumière d'astres étrangers.

Forcément autre, la lune, persécutante,
À la couronne cendrée et aliénante :
Prisme sur l'ouvert. 

Poème 2010 : Corbeau


25 Septembre 2010 au 18 Novembre 2011


Corbeau

En bleu la joie d'être, en dessous des « si »,
L'angoisse épanchée, comme coule le verre.
Un puissant doute sous les ongles d'où s'échappe la coulée de moi.
Elle fond comme un doux monde,
Sa matière en support strié de soie.
Rugueuse est la vie.

Monde ! Asphyxie et regards meurtriers :
Les choses mortes transfigurées en moi
M'abattent devant la vision de ma terre promise, en sable,
Dépôt précieux, le sable noir de mes aïeux.

La gravité au cœur,
L'excellence de mes visions à la fenêtre contre-nature :
À l'épreuve du regard,
Le bel hivers à la lumière torve.

Quelle apparence : la raison, au-delà d'un mur singulier,
Blanche, couleur terre, noire à l'horizon, ou autre, me caresse.
Des objets d'étreintes un peu écharpés,
De précieux leurres pour qui sait regarder, l'amour
En traces et grains, souffle et mérite, regain.
Un doux regard d'enveloppe :
En dehors de soi le regard, mais rassurant d'exister.
Le regard seulement humain, loin du monolithe-père,
Véritable constitution.

Là-haut, le point de vue des hauteurs :
Noir, l'ange dont la nuit a parlé,
Bouche fermée, regard toujours en guerre.
Il fait l'éclat du monde, l'éclat du gîte.
Que sa brillance factice soit bougies fondues !
Il me fait larmes à même le corps.
L'exercice est si difficile qu'il enterre ma postérité.
Quelle résistance ? Jouer d'un espace diagonal,
En ombre et terre, leurres et soufflets !
Suis-je épanché, au bord de l'effondrement ?
Je brandis l'illusion de vivre les choses à même les contours naissants.